Pardonnez- moi, je me suis trompé !

Je me suis trompé !

Je ne vous dirai pas quand, ni en quoi, car je ne l’ai pas en tête, mais je vous l’affirme : je me suis trompé ! Je le revendique, et je vous en demande pardon !

Pardonnez-moi parce que je me suis trompé ! Pardonnez- moi de n’être qu’un homme ! Pardonnez-moi de n’être pas Dieu !

Ceci dit, il va falloir vous y habituer, parce que j’ai bien l’intention de me tromper encore longtemps. Oh, le moins possible… - entendons-nous bien, j’espère me tromper le moins possible ; mais le plus longtemps possible - mais un peu quand même ! Juste pour me dire que je suis encore un homme vivant, et que, parce que je ne suis qu’un homme, j’ai le droit de me tromper.

C’est très rassurant, vous savez, de savoir qu’on est un homme, et qu’on a le droit de se tromper ! Ca aide à dire ce que l’on pense !

Ca aide à être sincère, on n’a plus l’angoisse d’être jugé puisqu’on a le droit à l’erreur, ni d’être pris pour un imbécile, puisque c’est le propre de l’homme que de se tromper ! Alors on n’a plus peur de dire ce que l’on pense ! Et c’est toujours utile de dire ce que l’on pense… au cas où on ne se tromperait pas ; ça enrichi le débat !

http://www.youtube.com/watch?v=Duw2vdxNNrQ

Et, pardonnez-moi encore si je me trompe, mais, vous aussi, vous avez le droit ! Enfin, je crois, j’espère ! Et, pardonnez-moi si je vous choque, pardonnez-moi si je vous agace, mais vous aussi, vous vous trompez… et vous avez le droit ! Si, si, je vous assure… enfin, je peux me tromper… mais je ne crois pas !

N’écoutez pas ceux qui vous disent le contraire, ils se trompent ! Et, ne leur en voulez pas non plus, parce que, tout de même, eux aussi ils ont le droit !

N’écoutez pas votre supérieur quand il vous dit que vous n’avez pas le droit à l’erreur.

N’écoutez pas les politiques qui vous disent que vous n’avez pas le droit de penser de telle ou telle manière.

N’écoutez pas la publicité qui vous dit que vous n’avez pas le droit de priver vos enfants, de telle ou telle bêtise…

Vous avez tous les droits, simplement il faut assumer ses actes, y compris, dans une certaine mesure, ses actes manqués, assumer les risques qu’on a pris, les idées qu’on a eues, les essais que l’on fait, chaque jour dans l’espoir d’en vivre plus heureux… et leurs conséquences...

Et si l’on vous fait payer vos erreurs, eh bien, dans une certaine mesure, vous pouvez en être heureux, car cela vous aidera à ne plus les commettre, et vous permettra de rendre plus performant l’être humain que vous êtes, de l’enrichir en tant que personne.

N’en soyez pas triste, apprenez seulement à éviter au possible, les erreurs dont les conséquences néfastes peuvent être définitives.

Nos erreurs sont, sur notre chemin d’homme, des jalons qui nous montrent que nous avons toujours quelque chose à apprendre, et bien souvent, à mesure que nous gagnons en sagesse, notre corps perd en vigueur, ce qui nous oblige à réviser perpétuellement notre manière d’être, pour trouver un équilibre entre nos objectifs et nos possibilités.

Ce monde n’est pas fait pour que nous y soyons parfaits, car la tentation serait forte de nous prendre chacun pour un Dieu, chacun se voulant unique ; et nos possibilités sont si grandes que ce monde ne supporterait pas longtemps les querelles qui s’en suivraient.

Et, n’est-ce pas merveilleux de ne jamais être parfaits ? Imaginons-nous arriver à un état de perfection où nous n’aurions plus à évoluer ? Quel ennui ! Ne vaut-il pas mieux être de cette matière aux contours mal définis que l’esprit ait à modeler perpétuellement, pour atteindre le meilleur de nous-mêmes, et pouvoir y découvrir à tout moment, des merveilles insoupçonnées ?

Nos défauts et nos erreurs ne sont que des morceaux inachevés de cette œuvre parfaite en devenir, que nous sommes chacun, si nous le voulons.

Et, si nous avons le droit de nous tromper, de n’être pas parfaits, reconnaissons aussi ce droit à chacun des êtres qui nous entourent. C’est la vraie tolérance ! Ainsi, il n’y a plus de personnes mauvaises ; il n’y a que des gens qui se trompent plus ou moins, comme nous ; ou qui ont des faiblesses, comme nous.

Et puisque nous avons chacun une idée différente de la perfection, et que nul ne sait si elle est juste, alors défendons là, pour l’ouvrir au monde, mais ne l’imposons pas ; défendons là sans haine, sans oublier que peut-être, c’est celle du voisin qui est la bonne et qu’on doit donc la respecter. Si on sait que, sur certains points, il se trompe, on ne sait pas lesquels, et on sait que nous-mêmes aussi, avons tort parfois, sans savoir quand. Car, chacun a, dans sa vie passée, des éléments de réflexion, des données, des vérités auxquels les autres n’ont pas forcément accès, qui ont forgé ses convictions et sa manière d’être de façon justifiée ou non ; essayons de les partager, soit ; mais jamais de les imposer !

On ne mettra jamais d’accord le raciste et l’étranger, le croyant et l’hérétique, le capitaliste et le socialiste… mais si chacun prenait, chacun de ses opposants, sans renier ce qu’il croit, pour quelqu’un qui est dans l’erreur ou à ses défauts ; en conscience qu’il est meilleur que nous sur d'autres points ; je pense que cela nous aiderait à nous respecter, et créerait un climat propice au progrès commun et durable de l’humanité.

Si nous cherchions cette tolérance là, plutôt que d’utiliser ce mot comme prétexte à s’opposer, le monde n’en serait-il pas plus serein, et plus lucide ?.

Dans notre monde, l’erreur est refusée, niée moquée, honnie, réprimée. Dans notre monde, l’erreur n’est plus tolérée, comme un vestige d’un passé honteux que l’on veut oublier, depuis que nous sommes si puissants, et si intelligents ; comme si l’homme était passé à un niveau supérieur, et qu’il n’avait plus le droit de se tromper.

Alors, l’erreur n’est-elle plus humaine… ou est-ce l’humanité qui ne l’est plus ?