Cinq siècles avant Jésus-Christ, Confucius (Entretiens 13(3))répondait à Tseu Lou, à la question :

« Si le prince de Wei vous attendait pour régler avec vous les affaires publiques, à quoi donneriez vous votre premier soin ? »

  • « A rendre à chaque chose son vrai nom. »

  • « Est-ce raisonnable ? » lui répliqua Tseu Lou. « Maître, vous vous égarez loin du but. A quoi bon cette réforme des noms ? »

  • « Que Tseu Lou est donc grossier ! Un homme sage se garde de dire ou de faire ce qu’il ne sait pas. Si les noms ne conviennent pas aux choses, il y a confusion. S’il y a confusion, les choses ne s’exécutent pas. Si les choses ne s’exécutent pas, les bienséances et l’harmonie sont négligées. Les bienséances et l’harmonie étant négligées les supplices et autres châtiments ne sont pas proportionnés. Les supplices et les autres châtiments n’étant plus proportionnés aux fautes, le peuple ne sait plus où mettre la main ni le pied.

  • Tout ce que l’homme honorable conçoit, il peut l’énoncer, et l’énonçant il peut le faire. L’homme honorable ne laisse rien à la légère. »